Après ce début d’année 2016, je ne sais pas pour vous, mais je reçois quantité d’invitations et de dossiers marketing concernant les solutions              e-Achat ; il parait que ces outils vont résoudre tous les problèmes des Directions Achat de mes Clients !

Oui ? Non ? Peut-être…. J’ai voulu prendre du recul sur leur apport et l’avenir réel des solutions e-Achat.

Close-up of woman holding credit card and using laptop

 

En 2011, ces outils peu répandus suscitent un intérêt croissant des Directions Achat :

  • Les Grandes Entreprises disposent de budget d’investissement en hausse (versus 2009) et notamment sur la fonction Achat qui gagne en visibilité et en légitimité au sein de l’organisation
  • Les Editeurs commencent à faire évoluer leurs modèles, passant de la licence au Saas (Software As A Service) tout en enrichissant les outils avec des fonctions de mobilité.
  • Les freins possibles sont identifiés : réticences acheteurs, intégration dans le S.I et coûts.

Les indicateurs sont donc au vert, le marché est prometteur et les Directions Achats vont pouvoir s’outiller au même niveau que les autres Directions de l’Entreprise !

 

De nombreux projets plus tard, qu’en est-il ?

Les solutions e-Achat reçoivent une note en demi-teinte de la part des Directions Achat et des acheteurs (1) : d’où vient l’enquête ?

Quelques chiffres :

  • 56% des acheteurs feraient un choix d’éditeur différent, et 21% sont sûrs et certains de faire cet autre choix
  • 59% des projets n’atteignent que partiellement leurs objectifs (ce chiffre est à prendre avec précaution : quels moyens ont été requis et mis à disposition pour atteindre les objectifs ?)
  • 33% des projets dépassent le budget initialement alloué

Certes de tels projets sont complexes et les besoins métiers évoluent. Ce qui est principalement remis en cause est plutôt l’inefficacité de la réponse apportée par les solutions et l’écart avec les attentes.

Attentes qui restent classiques malgré tout :

  • Harmoniser les processus et les pratiques
  • Faciliter le partage de l’information,
  • Simplifier et automatiser les tâches,
  • Optimiser l’ergonomie

Les éditeurs eux pointent d’autres causes à cette satisfaction partielle :

  • L’accompagnement (interne ou externe) par des profils ayant une vision IT plutôt que métier,
  • La volonté des Directions Achat de vouloir mettre en place (presque) toutes les fonctionnalités au catalogue (or seules 20% sont réellement utilisées !)

 

 Alors, quel est l’avenir des solutions e-Achat ?

Une solution de « e-Achat » reste un outil formidable et indispensable aux Directions Achat, apportant une réelle valeur à un métier en évolution rapide ces dernières années. Les éditeurs dévoilent régulièrement de nouvelles fonctionnalités liées au digital (en premier lieu, autour de la mobilité et de la facilité de partage d’informations)

En ce sens, un projet de modernisation des outils d’une Direction Achat doit nécessairement inclure dans son schéma directeur la mise en place d’un tel outil.

Cela reste bien sûr un projet complexe, mais le succès sera au rendez-vous en respectant quelques règles et principes simples :

  • Une expression de besoin claire et partagée par toutes les parties prenantes
  • Un « sponsorship » fort de la Direction concernée,
  • Un choix d’outil sans précipitation (mesurer tous les impacts organisationnels, de processus et de Systèmes d’Information)
  • Une mise en œuvre du projet par lots successifs,
  • Un réel accompagnement pour s’approprier les changements,
  • Un pilotage de projet rigoureux
(1) L’enquête Décision-Achat 2015 portait sur 70 directeurs et responsables achats, représentant 60 entreprises (60 % de grandes entreprises et 40 % d’ETI et PME). Une quinzaine d’acteurs principaux de l’édition de solutions e-achats sont ainsi jugés